Pamplemousses mâles, pamplemousses femelles,
J'ai écrit il y a quelques moments déjà que je devais trouver un projet de recherche à proposer au CRSH (Conseil de recherche en sciences humaines du Canada), pour pouvoir appliquer pour une bourse de doctorat (20 000$ par année pendant 4 ans). J'ai aussi dit que pour le moment ça regardait pas tellement bien, parce que mon superviseur me pousse dans des directions que je ne suis pas nécessairement prêt à emprunter, nommément faire de la recherche sur la santé/la douleur/etc. La dernière fois, j'ai parlé que j'aurais aimé faire quelque chose de "pur", exemple travailler sur le nonconscious mimicry (comment les gens imitent involontairement le comportement non-verbal et les expressions faciales de leur interlocuteur).
Eh bien Jacob a craqué. Je lui ai parlé du nonconscious mimicry, et il est intéressé! Alors pour mon projet de CRSH, je vais proposer un projet en lien avec ça. Le titre du projet sera le suivant (si j'applique en anglais): Role of nonconscious mimicry in discrimination towards obese people in hiring decisions.
Comme vous le savez peut-être, les personnes obèses vivent de la discrimination à l'embauche, suite à un processus de sélection, e.g. avec entrevues (et ce même s'il existe des lois qui régissent ce processus). La plupart des études en psychologie sociale qui étudient la discrimination envers les personnes obèses à l'embauche montrent à des participants (vous et moi) des photos de personnes et leur demandent à quel point ils seraient tentés de les engager pour tel ou tel poste. Parfois aussi, les chercheurs fabriquent de faux CV (avec photo) et demandent encore aux participants à quel point ils engageraient tel ou tel candidat. Dans ce cas-ci, les photos varient selon que le candidat est obèse ou pas. Ce que les chercheurs trouvent généralement, c'est que les participants attribuent des qualités plus négatives aux candidats obèses que non-obèses (e.g., plus paresseux, moins travaillant, etc.), ce qui justifie la discrimination des participants envers les candidats obèses.
Par contre, ces études peuvent avoir négliger le dynamisme d'une vraie interaction, comme celle qui prend place entre l'employeur et le candidat lors d'une entrevue d'embauche. Vous me voyez venir: quand 2 personnes interagissent ensemble, elles tendent à imiter le comportement non-verbal de leur interlocuteur (p.ex., taper du pied, se toucher la figure), non-intentionnellement et sans en prendre conscience. Cette imitation n'est pas sans conséquence: lorsqu'une personne se fait imiter par son interlocuteur, elle tend à plus apprécier son interlocuteur. Similairement, les gens imitent plus les gens qu'ils apprécient plus et ceux avec qui ils sont plus intimes. C'est pourquoi certains auteurs ont affirmé que l'imitation remplit une fonction affiliative (attirer les gens vers soi).
Ainsi, il est possible que les gens tendent à moins imiter le comportement verbal d'un interlocuteur obèse, ce qui ferait en sorte que les observateurs finissent par moins apprécier un interlocuteur obèse que non-obèse. L'obésité est associée à la perception de maladie, ce qui expliquerait pourquoi les observateurs les imiteraient moins, ne voulant pas faire montre d'affiliation. À l'inverse, il est aussi possible -- pour une raison quelconque -- que les individus obèses eux-mêmes imitent moins leur interlocuteur. Les employeurs se faisant moins imiter en présence d'un candidat obèse, ils développeraient moins d'appréciation pour ces candidats, ce qui pourrait aussi expliquer une part de la discrimination envers les candidats obèses lors d'un processus d'embauche.
Alors bref, le projet que je propose vérifiera ces hypothèses. Par exemple, je vais proposer une première étude dans laquelle des participants visionneront des vidéos de candidats (des acteurs en réalité) obèses ou non-obèses qui répondent à des questions d'entrevue de sélection. Dans les vidéos, les candidats émettront un comportement non-verbal soutenu (p.ex., taper du pied), et nous filmerons le comportement non-verbal des participants, de façon à voir s'il existe des différences dans la propension à imiter des candidats obèses versus non-obèses. Nous choisirons des participants tant obèses que non-obèses, pour pouvoir déterminer s'il existe aussi des différences au sein des participants quant à la propension à imiter un interlocuteur, selon que les participants sont obèses ou non-obèses.
Je proposerai aussi une deuxième étude, similaire à la première, mais cette fois qui prendra la forme d'une interaction réelle entre un candidat (acteur) et un participant. Le participant devra poser des questions d'entrevue (prédéterminée) au candidat. Dans les deux études, nous demanderons aux participants à quel point ils seraient enclins à engager le candidat, quelles sont ses qualités personnelles (est-il aimable?, est-il travaillant?), et à quel point ils ont aimé leur interaction avec le candidat.
Si nous trouvons des résultats intéressants, ça peut peut-être avoir des implications pratiques. Par exemple, si nous trouvons que les observateurs tendent à moins imiter automatiquement un interlocuteur obèse que non-obèse, nous pouvons suggérer d'enseigner aux employeurs d'être conscient du comportement verbal du candidat et de tenter explicitement de ne pas l'imiter. Si nous trouvons que les individus obèses tendent à moins imiter leur interlocuteur que les individus non-obèses, nous pourrions, à l'inverse, leur enseigner à imiter consciemment le comportement non-verbal de leur interlocuteur, de façon à compenser pour le manque spontané d'imitation. Ces deux techniques -- apprendre à ne pas imiter, et apprendre à imiter -- ont déjà été utilisées avec succès dans des études, dans lesquelles des acteurs devaient soit imiter, soit ne pas imiter leur interlocuteur.
Alors voilà... grosso modo c'est le projet que je vais proposer au CRSH. Si vous avez des questions, mais surtout des commentaires ou des suggestions, ne vous gênez pas !!
Du Québec au Nouveau-Mexique, en passant par un doctorat en psychologie évolutionniste quantitative...
lundi 25 octobre 2010
mardi 12 octobre 2010
dimanche 10 octobre 2010
Christina, The 4 a.m. McDonald's, CRSH, & Lemonized
Bon... peepeul have been complaining about my lack of messages.
La raison est la suivante: I has been busy and distracted. La plupart d'entre vous le savez déjà, mais j'ai techniquement une blonde au moment où on se parle. Elle s'appelle Christina, j'ai déjà parlé d'elle, ça a été ma première amie. Elle a 31 ans et 2 enfants (2 filles, 9 et 7 ans). Je ne sais même pas depuis quand officiellement je sors avec elle, parce qu'on a pas eu la conversation de 4e année "tu veux-tu sortir avec moi" (ça aurait été tellement simple... fais un crochet dans mon agenda et passe à autre chose).
Vous n'avez jamais rencontré quelqu'un qui cuisine aussi bien que Christina.
Une nuit où j'ai été coucher chez elle, nous étions incapables de dormir, car nous étions censés nous lever TRÈS tôt (~5h?) le lendemain matin pour aller au Balloon Fiesta -- le festival de montgolfières le plus gros au monde, directement ici, à Albuquerque. Rendu à 4h du matin, nous étions les deux affamés, et de toute évidence le Balloon Fiesta avait déjà foutu le camp. À la place, nous sommes allés au McDonald's. C'est cher le McDo, mais ce que j'ai pris était tellement bon, c'était le hamburger boeuf Angus avec des champignons et du fromage suisse. Mais il y a une chose à savoir à propos du 4 a.m. McDonald's: service à chier, frites froides. Donc deux choses à savoir bref.
Ces temps-ci je stresse en maudit, parce que si je veux appliquer pour une bourse doctorale du CRSH au Canada (20,000$/année pendant 4 ans), je dois proposer un projet de recherche. Mon problème est le suivant: aucune fucking idée de ce que je veux faire. Alors je lis plein d'articles, je cherche ici et là dans l'espoir d'avoir un light-bulb moment... Et malheureusement, Jacob est convaincu que je dois faire quelque chose qui a rapport à la santé/la douleur/etc., puisqu'il pense que c'est le seul thème au monde qui est subventionné. Ça ne m'intéresse pas tellement, j'aimerais beaucoup plus faire quelque chose de "pur" (p.ex., nonconscious mimicry -- comment les gens imitent involontairement le comportement non-verbal et les expressions faciales de leur interlocuteur), ou bien faire quelque chose d'appliqué mais qui ne touche pas au domaine de la santé (p.ex., discrimination lors des entrevues d'embauche, détection de mensonges dans les tribunaux ou dans les economic games, etc.). Il revient là-dessus constamment... je ne sais pas si je vais réussir à m'en sortir.
Lors de ma dernière épicerie (il y a 2 semaines jour pour jour), je devais avoir faim parce que j'ai viré un peu fou. J'avais l'air un peu obsédé... j'ai acheté 4 paquets de 4 puddings (16 puddings) au citron, avec 3 gros paquets (1 kg chaque) de biscuits au citron. Et maintenant qu'il ne me reste plus de puddings, je ne suis pas saturé, non; je suis en sevrage. La prochaine fois je ne referai pas la même bêtise de me limiter à 4 petits maudits paquets de puddings.
Philippe: j'ai raconté à Christina que t'avais développé des plaies de lit.
La raison est la suivante: I has been busy and distracted. La plupart d'entre vous le savez déjà, mais j'ai techniquement une blonde au moment où on se parle. Elle s'appelle Christina, j'ai déjà parlé d'elle, ça a été ma première amie. Elle a 31 ans et 2 enfants (2 filles, 9 et 7 ans). Je ne sais même pas depuis quand officiellement je sors avec elle, parce qu'on a pas eu la conversation de 4e année "tu veux-tu sortir avec moi" (ça aurait été tellement simple... fais un crochet dans mon agenda et passe à autre chose).
Vous n'avez jamais rencontré quelqu'un qui cuisine aussi bien que Christina.
Une nuit où j'ai été coucher chez elle, nous étions incapables de dormir, car nous étions censés nous lever TRÈS tôt (~5h?) le lendemain matin pour aller au Balloon Fiesta -- le festival de montgolfières le plus gros au monde, directement ici, à Albuquerque. Rendu à 4h du matin, nous étions les deux affamés, et de toute évidence le Balloon Fiesta avait déjà foutu le camp. À la place, nous sommes allés au McDonald's. C'est cher le McDo, mais ce que j'ai pris était tellement bon, c'était le hamburger boeuf Angus avec des champignons et du fromage suisse. Mais il y a une chose à savoir à propos du 4 a.m. McDonald's: service à chier, frites froides. Donc deux choses à savoir bref.
Ces temps-ci je stresse en maudit, parce que si je veux appliquer pour une bourse doctorale du CRSH au Canada (20,000$/année pendant 4 ans), je dois proposer un projet de recherche. Mon problème est le suivant: aucune fucking idée de ce que je veux faire. Alors je lis plein d'articles, je cherche ici et là dans l'espoir d'avoir un light-bulb moment... Et malheureusement, Jacob est convaincu que je dois faire quelque chose qui a rapport à la santé/la douleur/etc., puisqu'il pense que c'est le seul thème au monde qui est subventionné. Ça ne m'intéresse pas tellement, j'aimerais beaucoup plus faire quelque chose de "pur" (p.ex., nonconscious mimicry -- comment les gens imitent involontairement le comportement non-verbal et les expressions faciales de leur interlocuteur), ou bien faire quelque chose d'appliqué mais qui ne touche pas au domaine de la santé (p.ex., discrimination lors des entrevues d'embauche, détection de mensonges dans les tribunaux ou dans les economic games, etc.). Il revient là-dessus constamment... je ne sais pas si je vais réussir à m'en sortir.
Lors de ma dernière épicerie (il y a 2 semaines jour pour jour), je devais avoir faim parce que j'ai viré un peu fou. J'avais l'air un peu obsédé... j'ai acheté 4 paquets de 4 puddings (16 puddings) au citron, avec 3 gros paquets (1 kg chaque) de biscuits au citron. Et maintenant qu'il ne me reste plus de puddings, je ne suis pas saturé, non; je suis en sevrage. La prochaine fois je ne referai pas la même bêtise de me limiter à 4 petits maudits paquets de puddings.
Philippe: j'ai raconté à Christina que t'avais développé des plaies de lit.
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